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Itinérance et cohabitation sociale à Montréal

Commentaires en ligne - Principe numéro 1 : L’équité sociale et territoriale

  1. Anthony Gagnon
    «La répartition des ressources dans l’ensemble des arrondissements de la Ville » est un principe qui tend à forcer une action là où il n'y a pas d'itinérances. De plus ele favorise l'étalement sur l'efficacité d'utilisation de ressources limitées. Les ressources devraient être déployées à proximité des lieux d'itinérance, non distribué dans tous les arrondissements.
  2. Fay O'Harris
    J'aimerais partager avec vous le point de vue d'une maman de 3 enfants qui fréquentent une école primaire de notre quartier. Nous habitons à quelques coins de rues du centre Benoit Labre dans le quartier Saint-Henri. À noter que je réside à la même adresse depuis plus de 16 ans donc je connais très bien mon quartier. Je suis impliquée à l'école de mes enfants et j'ai par conséquent l'occasion d'échanger régulièrement avec d'autres familles et enfants du voisinage ainsi que le personnel de notre école.

    Je veux aujourd'hui simplement vous exposer notre réalité, celle observée par une jeune famille résidant à proximité d’un centre favorisant une haute concentration d’usagers de ressources pour itinérants, dans le cas présent un centre de jour et un centre d’inhalation/injection supervisé.

    Avant d'aller plus loin, j'aimerais émettre une certaine réserve sur l'emploi du terme "vulnérable" quand on qualifie les personnes en situation d'itinérance. Car bien que ces personnes soient marginalisées, fragilisées et se retrouvent effectivement dans un état précaire, les parents en général trouveront toujours un jeune enfant beaucoup plus vulnérable qu'un adulte en situation d’itinérance, surtout quand on parle d’enfants provenant de familles défavorisées, comme c’est le cas pour beaucoup à St-Henri. Cette appellation tend à minimiser les dangers et la réelle vulnérabilité des jeunes enfants quand ils se retrouvent en présence d'une personne agressive ou intoxiquée ou à du matériel de consommation usagé. La candeur des enfants les rendent malheureusement les être les plus vulnérable qui soient dans notre société et non seulement devraient-ils êtres protégés à tout prix, mais leurs droits également pris en compte.

    Mes enfants et leurs amis sont à l’âge où ils commencent a arpenter seuls les rues avoisinantes et malgré tous les conseils prodigués et leur connaissance des dangers, ils ont peur de se déplacer seuls depuis l’ouverture du centre, à cause de ce qu’ils ont vu et entendu trop souvent déjà. Leur liberté de se déplacer est compromise, leur droit à utiliser les parcs et installations du voisinage (et même a fréquenter leur école!) tout en se sentant en sécurité, est brimé.

    Je porte à votre attention le fait que les enfants et les personnes en situation d'itinérance partagent étrangement les mêmes intérêts pour les petits espaces reclus, les ruelles, les parcs et autres endroit hors des sentiers battus. Les uns afin de se cacher pour consommer tranquillement, dormir ou pour faire leurs besoins, les autres dans le but d’explorer, jouer au ballon ou à cache-cache. Les résultats font froid dans le dos: Les enfants se retrouvent plus souvent qu’à leur tour confrontés à la présence des personnes en situation d’itinérance et ils découvrent des pipes à crac, des seringues, des sous-vêtements souillés et plein de jolis petits sachets de plastique roses ou bleus (tellement mignons!) avec lesquels jouer. Les enfants mettent leurs mains par terre, se roulent dans l’herbe et dans la neige. Ils ne portent pas toujours attention à ce qui les entourent. Ils ne sont pas encore aptes à bien identifier les dangers ni à évaluer l’état d’esprit ou la dangerosité d’une personne en état de crise et il ne sont physiquement et mentalement pas de taille à se défendre advenant une confrontation.

    J’ai vu mon quartier se détériorer brutalement depuis l’ouverture du centre Benoit Labre: Cambriolages, larcins, bris de véhicules, malpropreté, insalubrité, cris, violence, bagarres, transactions de drogue, problèmes de santé mentale et de consommation, entre autre, font maintenant partie de notre quotidien plus que jamais. Notre sentiment de sécurité s’est hautement dégradé et nous évitons maintenant certaines rues, certains parcs, et certains moment de la journée ou de la semaine. Nous avons vu les campements et la population itinérante exploser, passant du simple au triple (et plus!) en quelques mois. C’est une certitude pour nous: le centre à attiré des gens d’ailleurs et les à concentrés à proximité du centre et dans le quartier en général.

    Mon souhait aujourd'hui, afin de parvenir à une meilleure équité sociale et territoriale, serait de voir des experts mieux réfléchir à l’implantation des centres et à leurs impacts. Actuellement, une partie de la population de St-Henri se prive de vaquer librement à ses occupations, vit dans la crainte et doit barricader ses biens. Ça ne représente pas, à mes yeux, une cohabitation réussie. Si un centre à vocation résidentielle peut sans doute logiquement voir le jour dans un quartier résidentiel, l’emplacement d'un centre de jour et de consommation, à haut risque d’attirer un afflux de personnes avec des problèmes de consommation et de santé mentale, devrait être soigneusement étudié. Ce type de centre devrait être installé loins des quartiers résidentiels et surtout, loin des écoles et autres lieux fréquentés par des enfants et des adolescents. Une réglementation devrait à mon avis voir le jour afin d’éviter autant que possible de confronter la grande vulnérabilité de nos enfants et la précarité des personnes en situation d’itinérance aux prises avec des problèmes de consommation et de santé mentale.

    Ma vision d’une cohabitation réussie favorise une vraie mixité sociale à l'échelle de la ville, prend en compte les jeunes et les enfants, évite de créer des ghettos, évite de prioriser une tranche de la population plutôt qu’une autre et devrait profiter positivement à tous les partis. L’implantation d’une ressource en itinérance ne devrait jamais se faire au détriment du reste de la population comme nous le vivons ici à St-Henri. On nous a promis que l'ouverture du centre règlerait les problèmes et c’est tout le contraire qui s’est produit. Malheureusement, les brigades de propreté et autres mesures ne parviennent pas du tout à minimiser les inquiétudes et les mauvaises expériences vécues par les résidents, spécialement les enfants et leurs familles. Il me semblerait beaucoup plus logique et sensé d’ouvrir une multitude de petits centres dans tous les quartiers de la ville, sans exception, afin de mieux répartir les ressources et éviter les concentrations, surtout dans des quartiers traditionnellement défavorisés comme St-Henri où une partie de la population locale est déjà aux prises avec des enjeux sociaux difficiles. Les personnes en situation d’itinérance peuvent se déplacer, nous l’avons bien constaté.

    En souhaitant mes commentaires utiles, et en souhaitant vivement voir prochainement la situation s'améliorer pour nous à St-Henri, je vous remercie de m’avoir lue.
  3. Sami Ghzala
    La concentration des ressources en itinérance fait partie du problème actuel de cohabitation. Ce sont souvent les mêmes arrondissements, voir les mêmes quartiers, qui intègrent des ressources qui offrent des services à des personnes au prise avec des problèmes aigus de consommation et/ou de santé mentale. À cela s'ajoute la concentration de problèmes qui rendent impossible la cohabitation : petite criminalité, vente de drogues, proxénétisme, violence, crise, insalubrité, etc...

    De plus petites ressources (30 personnes max) à distance suffisante les unes des autres, avec des intervenants sur le domaine public (sans trous de service donc coordonnées adéquatement) sont des conditions sine qua non de l'intégration réussie de ce type de ressources.

    La responsabilité d'accueillir des ressources pour les personnes les plus mal en point de notre société est la responsabilité de tous les montréalais et non uniquement de quelques quartiers ou arrondissements.
  4. Danielle Sylvestre
    Tous les arrondissements devraient être invités à accueillir des ressources dédiées au personnes vulnérables et pas seulement les arrondissements où sont concentré les populations défavoeisées.
  5. Victoria Larsen
    Sur le Plateau, par exemple il faudrait faire en sorte que le territoire soit bien pour tous - mais cela inclut inévitablement les enfants. Les endroits comme le terrain autour des métros Mont-Royal et Laurier (édicule Laurier) sont souvent pris d’assaut par un si grand nombre de personnes itinérantes, plusieurs avec des problèmes de santé mentale - et presque tous qui fument sans arrêt, que les familles ne s’u sentent plus bienvenus. Les non-fumeurs, entre autres, n’ont plus moyen d’u respirer un air sans fumée.

    Déjà, un meilleur aménagement de l’espace autour du métro Mont-Royal serait positif, comme avec l’ajout de gros bacs fleuris en été, et peut-être des bacs avec sapins en hiver. Actuellement il y a trop d’espace.

    Puis, concernant la bibliothèque : l’odeur très forte de certaines personnes itinérantes font fuir les autres utilisateurs, ou rendent les visites très désagréables. Effectivement, il peut être difficile de trouver une solution à cet enjeu, mais sans régler la situation, la bibliothèque ne peut pas demeurer un lieu de rrpos et relaxation, par exemple, si ça sent constamment le mélange d’urine, d’alcool et de cigarette lorsqu’on s’y trouve.
  6. Julie Legault
    Je vis dans Ville-Marie (Ste Marie). Je suis d'avis qu'il faut plus d'équité territoriale dans le sens où on concentre toutes les ressources en itinérance dans les mêmes quartiers. Comme il manque de ressource en itinerance, nous nous retrouvons dans des situations de cohabitation difficiles: personne n'utilise le vestiaire et les douches de notre centre sportif car il y a constamment des vols et des personnes itinérantes qui s'y lavent. J'ai peur maintenant à chaque fois que je prends le métro et je suis témoin de violence par des personnes intoxiquées chaque semaine. Chaque semaine je marche dans ma rue et croise des gens qui font du crack. Pourquoi d'autres arrondissements sont consultés et ont le droit au "pas dans ma cour" et pas nous? Je suis empathique aux personnes en difficulté mais pas concentrées dans le même secteur où le manque de ressource fait en sorte que nous payons pour des service qui sont détournés pour l'itinérance. Cela crée juste un climat de méfiance et de tension intenable, particulièrement depuis la covid.
  7. Simon Hamelin-Pratte
    Je trouve l'équité territoriale très pertinente sur la question de l'itinérance.

    La très haute concentration de sans-abris dans un même arrondissement (Ville-Marie) cause — à mon avis — un effet d'entraînement négatif entre ceux-ci. Les échanges de drogues et les méfaits dont la pollution sonore (musique à tue-tête) et la malpropreté deviennent normaux parce qu'un le fait et l'autre l'adopte, et l'autre l'adopte, et ainsi de suite. Cela me donne l'impression d'une ghettoïsation d'une communauté qui enracine de mauvaises habitudes à travers l'imitation.

    Répartir les logements abordables et les refuges dans la grande région de Montréal permettrait à la population vulnérable d'être influencée par leur vie de quartier locale et positive plutôt que de l'inverse se produise, où c'est la population vulnérable qui, parce qu'ils sont majoritaires dans leur rue, s'entrainent mutuellement vers des comportements ou des habitudes néfastes.

    Je pense que c'est la clé du modèle montréalais des HLM, où ceux-ci ont été répartis un peu partout sur le territoire pour une meilleure intégration. Le modèle français semble lui avoir créé davantage de ghettos en créant de grands ensembles sans mixité sociale.
  8. François Gagnon
    Bonjour,

    Je suis d'accord avec le principe. Toutefois, les énoncés de mise en oeuvre contiennent une contradiction majeure évidente. Les services ne sont pas offerts partout en ce moment (peu ou pas dans Outremont par ex.) alors souhaiter développer des services partout également (point no 1) et les situer à proximité des autres services essentiels (point no 3) est contradictoire. Il faudrait que vos pistes de mise en oeuvre incluent un point distinct ciblant les quartiers/arrondissements/secteurs/zones où les citoyens se mobilisent très souvent fortement et efficacement (en raison de leur capital politique, social et financier) contre la venue de services aux plus défavorisés comme les logements.
  9. Guy L'Italien
    Moi qui ai connu beaucoup de méchanceté et pei de reconnaissance même si j'ai de l argent je veut pouvoir accéder à ces endroit et faire mon choix du lieu.
  10. Étienne Ferland
    Beaucoup de blabla inclusif.
    Étendre les ressources étendra l'itinérance. Et donc les problématiques de cohabitations.
    Une question : Peut-il y avoir corrélation entre notre degré d'accueil et le nombre de personnes à accueillir ?
    Ne devrait-on pas, plutôt que de regarder le territoire comme capacité d'accueil, le regarder en terme de possibilité concrète et de terrains disponibles loin des écoles et garderies.
    Votre équité inclut-elle les villes défusionnées comme Westmount ?
  11. Duane Mansveld
    Je crois que l’équité sociale veut aussi dire droit égal à la dignité. Quand nos réponses face à l’itinérance consiste à les ouverture des haltes à chaleur, dans les arénas, sous-sol d’églises ou bureaux abandonnées, fourni des lits des camps, ou chaises en plastique qu’on a besoin de doubler parce que sont trop faible de supporter le poids humain. Je trouve qu’on manque notre cible de l’équité sociale. Nous ne pouvons pas entourer les personnes avec l’instabilité et ensuite leur exiger d’être stable.
    Ça devient même plus insupportable quand le budget pour les tels efforts sont équivalent aux budgets pour les places stables et pérennes.
    Pareil pour les voisinages ou se trouvent ces haltes de chaleur. Il est plus sécurisant d’accueillir un endroit permanent, stable, ou un continuum des services peut être basé, que d’accueillir un endroit temporaire et déstabilisant.
  12. Ethan Stuckless
    I believe resources dedicated to homelessness are necessary, and the principles surrounding it are admirable. However, I would like to see the development of social (not affordable) housing to permanently address the issue more substantially.
  13. Hugues Breil
    J'habite dans le Centre-Sud, qui est un quartier comprenant beaucoup de personnes en situation d'itinérance et victime de beaucoup de problèmes de drogue. On entend souvent de la part des organismes d'aide à ces personnes, qu'elles sont et doivent se développer là où leur clientèle se trouve. Je comprends très bien l'argument, mais ce genre de réflexion fait perdurer le statut quo d'un manque d'équité territoriale; et donc de quartiers qui subissent beaucoup plus ces crises que d'autres. Il faut trouver des solutions qui prennent cet aspect en compte.
  14. Christopher Sweetnam Holmes
    C'est un bon principe, mais comme toute utilisation pouvant causer une nuisance publique, il devrait y avoir des principes supplémentaires, tels que des zones d'exclusion autour des espaces publics importants, des écoles et des aires de jeux pour enfants
  15. Charles Gough-Methot
    Je nai pas de problème avec le partage de territoire, mais la consommation de drogue est illégal. Je n'ai pas le droit de boire de la.biere dans la rue. Même si tu es un itinérant tu ne devrais pas avoir le droit de fumer du crack dans la rue et m'obliger à respirer ta fumer secondaire. Ces personnes ne devraient pas être toléré et après plusieurs interventions ils devraient être traduit en justice.
  16. Patrick Dubé
    Ce que je pense de ce principe : un vœu pieux de pompier pyromane.
    Peut-être faudrait-il jeter tout le monde à la rue pour atteindre l'équité? Ça semble être la résultante anticipable à la courbe inflationniste/spéculative/financiarisante.
  17. Georgia Carstea-Radu
    Je suis tout à fait d’accord avec ce principe d’équité sociale et de territoire, et je trouve que les implications énumérées ont du sens. Cependant, en tant que travailleuse de rue en itinérance à CDN-NDG qui connait les réalités du terrain depuis plus que 2 ans, je dois dire qu’il y a peu de ressources en itinérance dans le quartier. Il n’est pas normal qu’après toutes ces années, alors que le nombre de personnes en situation d’itinérance est entrain de croître, il n’y a toujours pas d’hébergement d’urgence 24/7 à l’année (oui il y a une halte chaleur, mais elle n’est qu’ouverte la nuit, l’hiver)! Plus de ressources en itinérance devraient être mises en place dans les quartiers périphériques du centre ville, qui, même en les ayant, n’arrivent pas à répondre à la demande car ces ressources débordantes et/ou sont mal adaptées.

    En même temps, une attention particulière doit être accordée aux ressources déjà existantes. La ville doit aussi trouver un moyen à promouvoir l’accès et inclusion sans préjugé ni discrimination dans ces ressources et infrastructures déjà en place. La promotion de la cohabitation saine entre résident.e.s domicilié.e.s et non-domicilié.e.s repose d’abord sur leur partage des espaces publics et des services, qui permettra aux citoyens domicilié.e.s méfiant.e.s des personnes en situation d’itinérance de cotoyer et même intéragir avec elleux, et de se rendre compte qu’il s’agit d’humains comme vous et moi!
  18. Benoit St-Jean
    C’est définitivement un bon principe, une bonne base de travail

    Toutefois l’équité est un principe qui peut facilement être flou et arbitraire. Tout dépend de quelles variables et quelles équations (ou algorithme, pour être dans l’air du temps) sont pris en compte pour la calculer. Notamment pour l’équité entre arrondissement. Comment la Ville pense-t-elle s’y prendre pour éviter des concentrations, probablement naturelles, des personnes en situation d’itinérance dans quelques secteurs de la ville ?

    Par exemple, quand nous vivons concrètement, au quotidien, dans notre parc et dans nos rues, des situations liées à la concentration de +en+ importante au parc des Faubourgs, nous nous demandons toujours ce qu’il en serait de certaines décisions, (par exemple de tolérer les tentes dans le parc), si c’était ces mêmes gens qui prennent ces décisions (et leurs enfants) qui se faisaient régulièrement empêché de dormir la nuit par des cris et/ou des fêtes sous leurs fenêtres ... (ceci, au parc des Faubourgs, directement sous le panneau qui annonce le règlement sur les parcs et sa fermeture à 23h,,,).