Rapport annuel 2020


Mot de la présidente

C’est un sophisme que de dire que 2020 a été une année comme nous n’en avons jamais connue, non seulement à l’Office, mais au niveau mondial. Lorsqu’en mars dernier, à l’instar du reste de la planète, le Québec s’est mis en pause, nous étions à terminer la rédaction de trois rapports et à préparer une nouvelle démarche de consultation. L’année 2019 avait été une année exceptionnelle, tant au niveau de la diversification et de l’accroissement de la participation qu’en matière d’intégration des outils et méthodes numériques en complément de nos processus. Rien ne laissait présager le grand bouleversement qu’a été cette année de pandémie. 
Pour répondre au désir croissant de participation de la population montréalaise, toute l’équipe de l’OCPM s’efforçait depuis plusieurs années de constamment interroger nos façons de faire pour assurer plus de contributions. Notre slogan : Participation sans exclusion! Trousse sur l’accessibilité universelle, activités contributives citoyennes auto-organisées, prototypages, ateliers créatifs, questionnaires en ligne, jeux de rôle, la liste des moyens offerts pour tenter d’harnacher l’intelligence collective montréalaise ne cessait de s’enrichir. 

 

Une situation anxiogène, mais propice à l'innovation

C’est ce climat d’innovation et de dialogue ouvert qui nous a permis d’entrée de jeu, en mars, de réfléchir à ce que nous pourrions proposer pour garantir la poursuite de nos activités et la participation du plus grand nombre malgré les consignes sanitaires en vigueur. Nous avions toujours affirmé que les activités virtuelles ne sauraient qu’être des compléments aux activités en présentiel, car il y a dans la délibération collective, dans l’écoute de l’autre, une richesse que nous ne voulions pas perdre. Et soudain, voilà que la situation exigeait qu’on se transporte dans le monde virtuel avec à la fois les germes d’exclusions qui s’y trouvent, mais également le formidable potentiel qu’il recèle.

 

« Plus de jeunes, plus de nouveaux participants, plus de questions posées, presque autant de contributions, aucune perte de crédibilité : voilà un bilan dont nous pouvons être fiers! »

 

Je pense qu’on peut se dire : défi relevé! Nous ne voulons pas être jovialistes, mais les résultats des trois mandats que nous avons menés depuis l’été dernier supportent bien la comparaison avec des exercices similaires menés en présentiel. Plus de jeunes, plus de nouveaux participants, plus de questions posées, presque autant de contributions, aucune perte de crédibilité : voilà un bilan dont nous pouvons être fiers! C’est plus de 1500 personnes qui auront utilisé les moyens mis à leur disposition par l’OCPM pour s’informer sur un sujet et pour exprimer leur opinion. Il nous reste maintenant à nous assurer que ces nouvelles participations continuent de représenter la diversité des voix montréalaises. Si ce n’est pas le cas, nous devrons impérativement réfléchir aux nouvelles barrières à la participation générées par la pandémie et aux façons de les lever. Nous avons également à tirer des leçons des expérimentations pour faire en sorte que dans nos méthodes post-pandémie, nous conservions les meilleures pour faciliter l’accès à un public plus large, qui n’a pas toujours le temps ou l’envie de se rendre aux assemblées publiques, tout en conservant un cadre de débat qui assure des contributions éclairées.

 

Des avancées toujours recherchées

En 2019, nous constations qu’il était vraiment paradoxal qu’au moment où l’enjeu n’était plus ni la représentativité de la participation, ni la compétence des participants, que ce soient les processus qui mènent à la prise finale de décision qui deviennent de plus en plus opaques. Nous avons entrepris en 2020 des discussions avec l’administration pour que les décideurs justifient les choix qui sont faits et expliquent comment les propositions citoyennes ont ou n’ont pas été intégrées. On comprendra qu’avec la situation sanitaire, ce chantier est encore à développer.  
Les conditions sanitaires ont mis plusieurs projets sur pause, mais alors que l’Office se dirige vers son 20e anniversaire en 2022, soyez assurés que tous ces sujets sont résolument encore à l’ordre du jour. Au fond, le léger ralentissement qui nous est imposé est probablement une excellente occasion de se pencher de manière réflexive sur le chemin parcouru, de faire le point sur nos avancées et de dégager des pistes pour arriver à tirer pleinement avantage de la mine de savoirs d’usage recueillis par l’Office depuis sa fondation.