Plus de 22 000 participations citoyennes ont été comptabilisées pour une douzaine de mandats de consultation entrepris, menés ou terminés en 2019. C’est la deuxième année consécutive que nous atteignons un tel record de participation ; un phénomène interprété comme un indicateur d’un changement profond de la culture participative.

Des méthodes équilibrées

Au fil des ans, l’OCPM a proposé une réflexion collective sur les conditions d’un dialogue citoyen authentique, fructueux et utile à la décision publique en utilisant le numérique. Les expérimentations des dernières années ont permis de redynamiser de nombreux dispositifs de participation, tout en évitant de créer de nouvelles formes de fractures et d’exclusions. Pour rendre l’engagement citoyen moins intimidant, l’Office développe de nouveaux outils par des exercices de délibération collective, tantôt amusants, tantôt créatifs, mais toujours éclairants pour mieux comprendre les enjeux et mener à une prise de décision. Ces éléments contribuent à créer des environnements participatifs qui interpellent plusieurs segments de la population qui traditionnellement participent moins. D’ailleurs, les résultats présentés dans le bilan annuel témoignent d’une participation paritaire et diverse. 

Fort de ces expériences, nous estimons avoir atteint un équilibre intéressant entre les activités en présentiel et en virtuel. « Loin d’être en concurrence, nous notons que ces deux modes se nourrissent mutuellement pour aider à participer plus et à participer mieux. Combinés, ils facilitent l’accès d’un public plus large, qui n’a pas toujours le temps ou l’envie de se rendre aux assemblées publiques, tout en conservant le cadre de débat prévisible et constructif qui assure des contributions éclairées. » selon Dominique Ollivier, présidente de l’OCPM. 

Par ailleurs, nous nous préparons actuellement à la reprise éventuelle de nos activités de consultation dans un contexte de distanciation physique et d’interdiction de rassemblement. Ainsi, des méthodes alternatives de consultation, virtuelles, par écrit et par téléphone sont envisagées. Pour appuyer les décisions à prendre, nous menons présentement une enquête auprès des groupes, associations, entreprises et individus qui ont participé à nos processus de consultation au cours des dernières années (plus de détails ici).

 

Des mécanismes de suivi qui tardent à venir

Bien que réclamée par toutes les présidences de l’Office depuis plus d’une décennie, la question de la rétroaction et des suivis se pose de façon de plus en plus accrue depuis deux ans. Des 10 mandats terminés en 2018 et 2019, un seul a fait l’objet d’une réponse officielle aux recommandations de l’Office.

« Le principal frein à la participation a toujours été l’impression que ça ne servait à rien, que les décisions étaient déjà prises et que les principaux intéressés ne souhaitaient pas être influencés. En faisant le bilan des interpellations que l’Office reçoit, on se rend compte que la population ne se contente plus de participer et d’attendre de lire nos rapports. Pour retrouver la confiance en leurs instances démocratiques, les gens veulent savoir ce qu’il est advenu de leurs prises de position et des recommandations qui en ont découlé. » ajoute Dominique Ollivier.

Un mandat qui pourrait être élargi

Déjà en 2004, le premier président de l’Office appelait à un élargissement des cas où le recours à l’Office était obligatoire. Il indiquait que la consultation publique indépendante devrait être réintroduite pour toutes les modifications au Plan d’urbanisme et que l’Office devrait pouvoir intervenir sur l’ensemble du territoire de l’agglomération. La consultation sur le secteur Namur-Hippodrome, jumelée à la controverse suscitée par les différentes moutures du projet de Royalmount est un bel exemple des avantages que comporteraient pour les citoyens un tel élargissement, en permettant de considérer des enjeux métropolitains dans leur ensemble et de tenir compte des interactions des projets entre eux. « Comme le suggéraient mes deux prédécesseurs, il nous faut discuter de la possibilité pour l’OCPM d’avoir un rôle statutaire dans la gestion des dossiers touchant plusieurs arrondissements ou villes de l’agglomération ainsi que dans la gestion des ensembles emblématiques ou stratégiques. Cela pourrait aussi signifier que d’autres instances telles le conseil d’agglomération, les conseils d’arrondissement et les conseils municipaux des villes liées puissent nous mandater sur des sujets relevant de leurs compétences » propose Mme Ollivier.

Tous nos rapports annuels sont disponibles intégralement en PDF, en français et en anglais dans la section Publications. De plus, depuis 2014, une version web allégée est proposée afin de rendre la lecture plus agréable sur les appareils mobiles.