Depuis que nous tenons des statistiques sur la participation hommes/femmes à nos consultations publiques, c’est la première fois que les contributions des femmes se comparent à celles des hommes dans le décompte annuel. Pour les séances d’information et d’audition des opinions des neufs consultations que nous avons tenues en 2017, 350 femmes se sont fait entendre, contre 361 pour ce qui est des hommes (voir le tableau Contributions 2017).

L’initiative MTElles, pilotée par Concertation Montréal, vise la participation égalitaire des femmes et des hommes à la vie démocratique municipale et communautaire. Au fil des mois, l’analyse des pratiques existantes, tant au niveau de la consultation que de la participation citoyenne (conseil municipal, conseils d’arrondissements, commissions permanentes du conseil, consultations de l’OCPM), que sur les lieux de concertation à l’échelle locale (tables de quartier) sera suivie de projets pilotes afin de tester des façons de faire innovantes afin de favoriser la participation d‘une plus grande diversité de femmes. C’est l’occasion pour nous de poursuivre nos démarches vers une plus grande accessibilité de nos consultations avec un accent spécifique sur la participation des femmes et une opportunité intéressante de collaborer avec des partenaires Montréalais.

Il y a quelques mois, nous proposions un Cahier de l’OCPM faisant le bilan de nos pratiques Participation sans exclusion : rétrospective des 15 ans de l’OCPM. La participation sans exclusion est un volet important de notre engagement à mettre l’intelligence collective au service du développement de la ville. Ce fut l'occasion de prendre la mesure du chemin parcouru et des défis qui se posent encore à nous pour favoriser une participation qui reflète encore mieux la diversité de la population montréalaise.

L’organisation interne de l’Office reflète déjà en bonne partie la diversité vers laquelle nous tendons. Ainsi, nous comptons un nombre égal de commissaires féminins et de commissaires masculins. Le personnel permanent de l’Office témoigne aussi de notre souci envers la parité. C’est une grande fierté de pouvoir compter sur la contribution de ces personnes d’expériences, de formations et d’origines variées.

Parce que nous croyons que tous les citoyens doivent avoir un accès équitable pour faire entendre leur voix, nous avons amélioré nos pratiques au fil des ans. Les paragraphes qui suivent illustrent quelques pistes d’actions, petites ou grandes que nous jugeons porteuses.

Par exemple, nous proposons plus d’activités de consultation dans les milieux de vie afin de joindre les gens là où ils sont et de permettre la participation en petits groupes, souvent dans des contextes moins formels. C’est un exemple récurrent, apporté par les chercheurs comme piste favorisant la participation des femmes.

Depuis l’an dernier, nous offrons aussi systématiquement un service de halte-garderie gratuit lors des séances d’information de nos consultations publiques.

Nous avons aussi beaucoup réfléchi aux avantages et aux défis de la participation en ligne. Beaucoup de choses ont été réalisées depuis Wikicité, notre événement sur la participation citoyenne à l’ère numérique de 2014. Nous avons développé de nouveaux outils : aux questionnaires en ligne se sont ajoutées les opinions en ligne dans une page qui permet de recueillir des opinions par thèmes lors de consultations sur des sujets complexes; nous avons aussi expérimenté une plate-forme de délibération en ligne lors de la consultation sur la réduction de la dépendance des Montréalais aux énergies fossiles. Les résultats sont très parlants : pour les trois grandes consultations pour lesquelles nous avons tenu des statistiques quant à la participation homme/femme, la participation en ligne a permis une participation des femmes plus importante (bonification de 5 à 9 %) par rapport aux activités traditionnelles (séances publiques, contribution d’opinions orales ou écrites).

Si nous comptons encore beaucoup de consultations publiques où la participation des hommes a été majoritaire, nous avons aussi plusieurs exemples de consultations où la participation des femmes a dépassé celle des hommes. Nous constatons que lors de dossiers très locaux où l’on se questionne sur la vie de quartier, les dossiers qui touchent les enfants (centre de soccer, écoles) et les dossiers qui touchent la santé publique ou la qualité de vie, l’agriculture urbaine par exemple, les femmes répondent présentes en grand nombre.

À l’inverse, les projets immobiliers, davantage ceux situés au centre-ville, constituent les dossiers où les femmes ont encore des contributions minoritaires. Si ces résultats peuvent s’expliquer en partie par la proportion majoritaire d’hommes porte-paroles d’organismes, entrepreneurs ou propriétaires immobiliers, il reste sûrement du travail à faire pour susciter l’intérêt des femmes dans ce type de dossiers et favoriser leur participation.

Nous croyons fermement que pour construire une ville inclusive et pour élaborer des politiques publiques inclusives, il faut que les voix citoyennes dans toute leur diversité bénéficient de mécanismes inclusifs pour s’exprimer. Nous sommes très fiers d’avoir franchi en 2017 une étape de plus vers ce noble objectif.

 

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