Ce projet pilote, mis en œuvre par l’OCDE, en étroite collaboration avec le Ministère de la Solidarité, Famille, Femme et Développement Social du Maroc, appuie les efforts du Maroc en vue de favoriser une croissance partagée et une bonne gouvernance en tirant parti des politiques de transparence du gouvernement et de l'intégration des femmes dans la vie publique.

Rappelons qu’en février 2011 une vague protestataire marocaine avait appelé le peuple à manifester dans les rues des grandes villes. Cette prise de parole citoyenne a révélé le désir de la jeunesse et des femmes de s'impliquer dans la vie politique et sociale du royaume pour assurer une transition vers une « réelle monarchie parlementaire démocratique ». Dès mars 2011, le roi annonçait une réforme des institutions qui répondait partiellement aux attentes de la rue et qui a eu comme conséquence une croissance significative du nombre de femmes et de jeunes dans les institutions démocratiques grâce à un système de quota.

Destinés aux 160 femmes candidates aux élections d’octobre 2016 et à 40 formateurs/formatrices, l’objectif général de ces séminaires est de renforcer la capacité des femmes candidates au leadership politique, de les préparer de façon adéquate à se lancer dans le processus électoral et de les amener à réfléchir collectivement sur des moyens à mettre en œuvre pour rendre la gouvernance plus inclusive et représentative.

Le nombre de femmes élues a augmenté au Maroc. Selon les niveaux de gouvernance, elles constituent entre 20 % et 35 % des parlementaires et représentantes locales et régionales. Mais, le combat de la parité entre les sexes et de la participation des femmes à la vie publique est loin d’être gagné. Ces femmes ne veulent pas être reléguées à des rôles de « potiches décoratives ». Elles travaillent d’arrache-pied pour apprendre à collaborer au-delà des lignes partisanes, pour faire reconnaître leurs compétences, pour continuer à se former et pour faire entendre leur voix, ce, dans le respect de la diversité des idéologies et des croyances de chacune.

Le rôle demandé à la présidente de l’OCPM au sein de ces formations pilotes consiste à : partager les bonnes pratiques et développer une compréhension ainsi qu’un plaidoyer pour une meilleure articulation de la démocratie représentative et de la démocratie participative.

Les questions abordées par elle sont principalement : Comment intégrer la participation citoyenne dans les processus de décision des élus dans le respect de leur rôle? Comment et quand prendre le pouls de la population? Comment mettre en place des processus crédibles et inclusifs pour faire participer des citoyennes et citoyens qui font face à des obstacles divers d’ordre systémique, institutionnel, culturel ou matériel? Les processus mis sur pied à l’OCPM ainsi que les méthodes de consultation utilisées posent ainsi les bases d’une réflexion sur les modèles et sur leur adaptation au contexte particulier et aux expériences de vie marocains.

Ces séminaires seront repris dans la prochaine année en Tunisie, en Jordanie et en Égypte. Les résultats de ces expériences et réflexions pourraient faire l’objet d’un atelier dans le cadre du congrès de l’OIDP qui se tiendra à Montréal en juin 2017.