L’année 2015, aura fourni de belles occasions de tenter des nouvelles approches, comme les activités auto-organisées, les débats citoyens et la consultation en ligne pour joindre plus de participants. Ces innovations ont été soutenues par différents outils, tels les questionnaires en ligne, la visualisation en 3D et une plateforme de participation sur le Web. La combinaison de ces méthodes a généré de grands succès de participation citoyenne, particulièrement en ce qui a trait à la première phase de consultation sur la réduction de la dépendance de Montréal aux énergies fossiles, où plus de 1 000 personnes se sont exprimées sur ce sujet avant la fin de 2015.


Consultez le rapport annuel.

Il est important de préciser que les nouvelles méthodes ne viennent pas se substituer à notre méthodologie traditionnelle. Elles se veulent plutôt des étapes complémentaires qui permettent à un nombre croissant de citoyens de s’informer, de débattre et de participer. En effet, après plus de 13 ans d’existence, il est primordial de rendre les processus encore plus accessibles et plus faciles à utiliser. Nous souhaitons, en parallèle des outils existants, diversifier nos méthodes afin de joindre des groupes plus difficiles à toucher, tels les citoyens issus de l’immigration et les personnes vulnérables, peu à l’aise avec l’écrit ou en situation de précarité. La recherche, en tout temps, d’une diversité de points de vue est essentielle pour mener des débats plus inclusifs, plus participatifs, plus équitables et plus éclairants, en vue de faciliter la prise de décision des élus.

Au fil des ans, l’OCPM a été à la fois témoin et acteur de l’évolution de la vie démocratique et, plus particulièrement, de la transformation des pratiques de consultation publique à Montréal. L’expertise et la crédibilité de l’Office dépassent maintenant de loin les seuls cas prescrits dans la Charte. Cette expertise est partagée largement par l’organisation de divers événements. C’est notamment dans ce contexte qu’ont été tenues, de concert avec le Bureau de la présidence du conseil, des séances de formation des élus et des instances municipales responsables de consultations à diverses échelles. Ces activités, auxquelles ont participé plus du tiers des membres du conseil municipal, ont été un énorme succès.

La journée d’échange #OCPM3C Consultation, concertation et codesign : L’art de planifier avec les communautés locales, qui s’est déroulée devant une salle comble en avril dernier, est un autre bel exemple de cette approche. Le constat qui en ressort est parlant : l’articulation de ce qui constitue l’intérêt général, le bien commun, demande à être de plus en plus déterminée avec la population, et non plus uniquement en son nom. Les dossiers se complexifient. Les moyens de faire ressortir et confronter les idées, contributions et revendications se multiplient et se réinventent constamment. En ce sens, il nous est nécessaire de rester en phase avec les meilleures pratiques afin de s’assurer que les nouveaux modes de consultation qui émergent ne soient pas générateurs de nouvelles fractures sociales.

La rétroaction : un élément essentiel du cycle de consultation

Dans une ville où les débats sont vivifiés par la quantité de citoyens qui y prennent part et par la qualité de leur contribution, il importe d’évaluer et de revoir périodiquement l’usage qui est fait de la consultation publique et des moyens qui y sont dévolus afin de s’assurer d’en favoriser la pérennité.

En faisant le bilan de la participation citoyenne et des interpellations que l’Office reçoit, on se rend compte qu’il ne suffit plus de faire participer les citoyens et de déposer nos rapports. Pour redonner confiance au citoyen en ses instances démocratiques, celui-ci veut savoir ce qu’il est advenu de ses prises de position et des recommandations qui en ont découlé. Des efforts sont déjà faits dans ce sens; ils devront se poursuivre et s’amplifier.

Montréal peut être, à bien des égards, considérée exemplaire par la diversité et la place qu’elle fait à la démocratie participative. Toutefois, alors que les outils se multiplient et que les objets se complexifient, l’expertise de l’Office pourrait et devrait encore davantage être mise à contribution, tant pour soutenir des mandats d’amont et d’élaboration de grands projets, des révisions de politiques, des exercices innovants de construction de décisions, que pour mettre à jour des documents comme la Politique de consultation et participation publiques de la Ville ou la Charte montréalaise des droits et responsabilités, qui sont les pierres d’assises de notre modèle participatif. Les occasions ne manqueront pas au cours des prochaines années et nous seront heureux de continuer à contribuer à faire de notre métropole un laboratoire vivant de participation qui place le citoyen au cœur de ses processus.